Biodiversité en Loire Atlantique

 

 

 

Les plantes, alternatives aux pesticides, au service de la biodiversité

en Pays de la Loire

 

Depuis le début du XXème siècle, l’agriculture mondiale se glorifie d’être devenue productiviste. C’est d’autant plus vrai en France. Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, pour augmenter la production et arriver à une autosuffisance alimentaire, le système s’est tourné vers le pétrole et la chimie. Les traitements de synthèse ont remplacé les soins ancestraux que nos paysans promulguaient au sol et aux plantes. Voyons comment il est possible aujourd’hui de relever la tête, en prenant quelques exemples de soins naturels par les plantes.

 

biodiversité en Loire Atlantique

 

 

La réflexion collective s’oriente vers les alternatives à ces traitements chimiques systématiques

 

  1. L’histoire des traitements naturels et chimiques pour les cultures

 

  • Au XVème siècle, on utilisait encore les remèdes ancestraux, transmis de génération en génération, pour soigner les gens, les cultures et les animaux. La religion toute puissante de l’époque voulut supprimer les pouvoirs qu’avaient ceux qui connaissaient les recettes. Il y eut une chasse aux sorcières. Dieu remplaça les molécules naturelles pour soigner du moins en Occident. En Orient, les savants de l’époque étudièrent sans relâche les vertus des plantes.
  • Au fil des siècles s’en suivent des périodes assez chaotiques en ce qui concernent les connaissances des remèdes naturels. Jusqu’au milieu de XVIIème siècle où l’on commença à utiliser le Tabac en décoction pour lutter contre les invasions d’insectes. Au XVIII siècle, les chimistes commencent à s’intéresser à l’agriculture et proposent déjà toute une gamme de produits à utiliser pour augmenter les rendements.
  • A partir du XIXème siècle, on utilise la roténone, le pyrèthre, le cuivre et l’arsenic en agriculture. Quelques techniques naturelles à base de plantes sont également utilisées par fumigation (avec du tabac, du buis, de l’if, du datura, de la belladone, de la jusquiame ou du pétunia).
  • Le XXème siècle fut la période charnière pour l’utilisation des produits chimiques de traitement des plantes. S’en est suivi un déclin inexorable de la biodiversité depuis cette période. Déclin qui continue à s’accroître aujourd’hui.

 

biodiversité les abeilles

 

L’abeille domestique est un bon indice de la biodiversité

 

  1. Quelles alternatives existent aujourd’hui pour les soins aux plantes ?

Nous avons vu que les traitements chimiques à tout va de l’agriculture intensive sont très néfastes pour la biodiversité.

Aujourd’hui, les instances locales en charge de la biodiversité de la Région Pays de la Loire, basées à NANTES (44), sont en rapport avec les autres agences régionales de la biodiversité, par le biais du Syndicat Interrégional d’Amélioration de la Vie Aquatique et Aérienne SIAV2A.

Cet organisme tient à favoriser les expérimentations et à collecter les retours d’expériences sur :

  • Les méthodes de soins naturels aux plantes et aux arbres, et les préparations biologiques.
  • Les méthodes naturelles de lutte contre les insectes nuisibles, en appuyant sur l’étude des systèmes de résilience des ravageurs.
  • La mise au point et l’utilisation raisonnée de préparations répulsives, insecticides, fongicides, biostimulantes, fermostimulantes ou phytostimulantes.
  • L’étude de capacité qu’ont certaines molécules à mettre les plantes en état de veille ou au contraire à avoir des capacités ellicitrices (qui favorisent le système de défense par des qualités antioxydantes).

Attention, qui dit naturel ne dit pas forcément sans danger pour la biodiversité. Certaines molécules naturelles sont extrêmement toxiques ou peuvent entrainer par exemple des perturbations du champ de détection des insectes, et notamment chez les insectes pollinisateurs.

Les abeilles ne retrouvent alors plus le chemin de retour à la ruche et meurent, entrainant un déclin inexorable des colonies.

C’est sans doute cet effet néfaste qui est responsable du déclin des abeilles en Europe, à cause des molécules chimiques utilisées en agriculture.

S’ajoute à cela un stress des colonies lié à la présence d’un insecte nuisible invasif, présent en France depuis 2004 : le désormais célèbre « frelon asiatique », Vespa velutina nigrothorax. En 2019, dans le Var (83), entre Toulon et Marseille, un apiculteur a perdu 70 de ses 120 ruches à cause de cet insecte, et ce n’est qu’un exemple.

 

  1. Quelques exemples de soins naturels par les plantes 

  • La sauge officinale et la rue sont naturellement insecticides par infusion de feuilles sèches.
  • La prêle des champs et le sureau noir font office de fongicide en infusions également, ainsi que l’ail en décoction.
  • La grande ortie et l’achillée millefeuille sont d’excellents biostimulants par amélioration des fumures ou purins. Ces plantes sont connues pour ces vertus depuis très longtemps, les vertus des plantes médicinale en zoom le ginseng 

Ces préparations peuvent être utilisées en pulvérisation, perfusions de plantes, cataplasmes ou injections dans le sol. Les méthodes et doses sont encore à définir au cas par cas. La communauté scientifique planche sur ces sujets. Espérons que les lobbies agrochimiques ne leur mettent pas trop de bâtons dans les roues.

 

 

La prêle, plante pleine de vertus, contient des alcaloïdes, des acides nicotiniques, naturellement insecticides

 

Nous en sommes aujourd’hui à une période charnière.

Un moment où l’homme prend à peine conscience du mal qu’il fait au quotidien à la biodiversité.

Encore faut-il espérer que l’appât du gain que lui procure le système ultra-capitaliste ne le détourne pas une fois de plus de l’enjeu numéro 1 de ce début de siècle : intégrer l’homme dans un environnement durable, où la biodiversité n’est pas qu’une aiguille sur un cadran, mais bien un réservoir de solutions pour les générations futures.